Un public très familial avait pris place dans les gradins pour ce gala de catch.
La cote de popularité du catch monte en flèche. Si les anciens ont retrouvé ces acteurs du ring avec plaisir, les plus acharnés ont été les enfants.
PAS de doute, si ce matin autour de la machine à café, les papas refont le match, leur progéniture dans la cour de récréation contestera elle aussi les décisions des arbitres. Même passion de supporter mais pour deux disciplines et deux terrains de jeu différents. Saint-Quentin n'a pas démenti l'ampleur du phénomène catch chez la (très) jeune génération. Dans l'enceinte surchauffée du Palais des sports, samedi soir, les plus petits avaient pris place. Bien sagement d'abord, assis sur les chaises près du ring ou dans les gradins, souvent venus en famille. Certains avaient même revêtu la cagoule de leur catcheur préféré pour leur premier vrai contact physique avec ce sport qu'ils ont découvert à la télévision. Les plus jeunes, hauts comme à peine deux pommes et demie, gênés souvent par la tête d'un plus grand installé un rang devant, ont commencé à bouger pour trouver leurs marques, et ce très vite, dès le premier combat. Instinctivement, cherchant à se rapprocher du ring pour encourager leur héros, ils ont posé leurs fesses sur le bord de la chaise, gagnant ainsi déjà quelques précieux centimètres. Surtout ne rien rater du spectacle, être au cœur du combat, vibrer au rythme des coups portés par les méchants aux gentils.
Il fallait vraiment y être pour le voir et le vivre. Yeux écarquillés et bouche ouverte, ces petits fans ont été littéralement happés par le spectacle, montant en in- tensité dans leur réaction au rythme des combats, sans jamais décrocher.
Pouces en l'air…
Au fil des rencontres, on a vu les pouces se lever puis se baisser puis se lever puis se baisser… avant de s'apercevoir que cette fois c'est debout que les jeunes, huer l'arbitre quand ils estimaient la décision injuste, bien entraînés dans ce jeu par les deux animateurs Léo et Petit Pierre, toujours à la relance. Et que dire du regard ébahi des enfants quand les catcheurs dans un spectacle bien rodé ont volé au-dessus des cordes pour s'aplatir sur le sol du palais des sports. Complètement pris par le jeu de Flesh Gordon, Jimmy Garoche, de Divine Isabella et de ses acolytes, dans un combat à deux ou à quatre, et à fond dans l'ambiance, les enfants ont assuré le spectacle dans la salle. Faut dire que le premier à avoir ouvert la voie, c'est l'organisateur de ce rendez-vous. Jean-Jacques Delville, président du karaté club saint-quentinois à l'origine de cette fête populaire s'était lâché le premier en ouverture de la soirée. Il avait exprimé sa joie de partager ce gala avec le public. Il y a associé sa famille et les membres du club qui l'ont suivi dans cette aventure. Un rêve de grand gosse… qui s'est réalisé !
Graziella BASILE