Flesh Gordon : comme une odeur de soufre !
Flesh Gordon n'est pas passé inaperçu à la mairie. Dominique Delattre, le directeur des sports, en a fait amicalement les frais… sans dommages et avec le sourire
Flesh Gordon, le plus connu des catcheurs français, n'a rien perdu de sa gouaille légendaire. Il prépare un gala en janvier prochain à Romilly. Rencontre
Au cinéma, Flesh Gordon est un monstre gigantesque, à l'allure démoniaque, un monstre que l'empereur Wang sort de son hibernation et qui profère toutes sortes d'obscénités d'une voix voluptueuse qui jure avec son aspect hideux.
L'autre Flesh Gordon, malgré son imposante musculature, est plutôt souriant. Voire rassurant. 110 kg de masse corporelle et une paire de bacchantes à faire pâlir d'envie Christian Rouge, l'adjoint à la culture !
En dehors des rings, inutile de l'appeler autrement que par son patronyme de catcheur. Même dans les murs de la mairie, loin des cordes, c'est M. Flesh Gordon.
Alors Flesh, la forme ? « Tu veux voir » glisse en souriant le mastodonte qui, en même temps qu'il déploie ses bras, arrache de sa chaise Dominique Delattre, le directeur du service municipal des sports, qui se retrouve illico presto sur ses épaules. La démonstration vaut tous les commentaires.
Originaire de Villeneuve-Saint-Georges - il y est né en 1953 - Flesh Gordon, a toujours côtoyé le monde du catch. Petit, déjà, dans les cours d'école. Plus tard, entre hommes, devant un public fidèle et enthousiaste scandant son nom.
Les années 1970 ? La grande époque. L'« époque », c'est celle connue pour ses noir et blanc, son Ange blanc, son Bourreau de Béthune. On ne parlait alors pas du catch comme d'une pratique de super-héros venant d'outre-Atlantique. C'était là, sur la place publique, on y allait, on se régalait.
Bonhomie et tempérament
C'est en 1982, après avoir côtoyé Roger Delaporte, alors propriétaire de l'Elysée-Montmartre à Paris, que Flesh décide d'investir, doucement mais sûrement, les rings. Son costume de scène : une combinaison zébrée d'éclairs jaunes avec débardeur en lycra et collant bleu électrique. Le décor est posé. À la foire aux châtaignes, ce n'est pas le dernier à donner des marrons !
« Au cours de ma carrière, j'ai été champion d'Europe par équipe en 1988 et champion du monde individuel toutes fédérations confondues en 1992, titre que j'ai conservé durant deux ans, sourit-il. Le catch, c'est avant tout un sport avant d'être un spectacle. Tous les sports de haut niveau ont leurs risques, en particulier ceux qui, comme le catch, sont des sports de contact. »
Le catch n'a rien d'une sinécure. Pour Flesh Gordon, ce sont de nombreuses heures d'entraînement à Faremoutiers, en Seine-et-Marne, où il enseigne également le catch aux plus jeunes.
Les cordes des rings de catch, ce sont le fil rouge de sa vie. « Les gens m'appellent aussi le dinosaure », glisse-t-il. Un dinosaure, peut-être, mais loin de l'extinction. Plus vivant que jamais, Flesh Gordon parcourt la France tout entière. Sur les plus grandes scènes illuminées ou bien sur les petites places des villages. Mais toujours devant son public fidèle et généreux.
À la foire aux
châtaignes, ce n'est pas le dernier à donner des marrons !